Historique - Anisés et kummels
Il faut remonter à 4000 ans avant notre ère pour trouver une première trace de l’emploi de l’anis en pharmacie, puis 2400 ans plus tard un papyrus égyptien en fait état.

Pline lui attribue le double pouvoir de faire dormir et de donner de la jeunesse au visage.

Pour l’anis on peut retrouver les jalons d’un itinéraire joignant l’Egypte aux pays qui frôlent le sud de la Chine, le Tonkin et la Cochinchine de nos grands-parents, qui sont les rares endroits au monde où accepte de pousser l’arbre qui fournit l’anis étoilé ou badiane.
Sur le parcours, qui passe par la Grèce, la Turquie, le Liban, la Lybie, le Maghreb, l’Espagne, la France et la Hollande, on trouve aussi Nipour, première capitale de l’empire Babylonien, où l’on a retrouvé une version de la Genèse préconisant des macérations d’anis, de réglisse et de cannelle contre la peste et le choléra, et plus généralement utilisés en adjonction aux eaux viciées pour les rendre inoffensives pour le système digestif.
Quant aux vertus digestives de l’anis, elles sont citées par tous.

La graine de badiane, une des denrées les plus chères au monde, ne prospère que dans des régions inhospitalières et donne de faibles rendements, d’un arbuste qui vieillit vite.

La production distillée sur place est vendue sous forme d’essence. Comme tous les produits rares venus d’Orient, l’anis se répand en Europe à grande vitesse. Dès l’an 851, on la trouve à Flavigny en Bourgogne, puis dans la vallée du Rhin, et en Hollande.
En 1263, apparait l’Ordre des anysetiers du Roi (Saint Louis) qui édicte une charte de l’anis afin d’assurer sa protection, confortée par un édit royal en 1582.

Ce sont les Hollandais grâce à leur possession des îles de la Sonde riches en anis, qui industrialisent la production, avec la naissance en 1575 à Amsterdam de la Maison Bols puis de la Maison Focking.

La marine hollandaise qui cabotait le long de nos côtes est probablement à l’origine d’un alcool anisé français de grande réputation : l’Eau-de-Vie d’Hendaye (ou liqueur Basque). Quant à l’anisette de Bordeaux, elle est représentée par la Marie Brizard fondée en 1762. En remerciement de sa généreuse philanthropie à l’égard des indigents, cette dernière reçoit d’un donateur la recette d’une boisson médicinale à l’anis, qu’elle commercialise avec succès.

Nos paysans fabriquent leur propre anisette en mélangeant à l’alcool fermier du fenouil, de l’anis vert et autres plantes aromatiques cueillies au bord des chemins, qu’ils boivent allongée d’eau.

L’anis vert n’est qu’une simple plante aromatique d’origine européenne, moins puissante en arôme mais peut-être plus délicate que la badiane, que l’on trouve à l’état sauvage en Anjou et dans la Drôme.

Mais lorsque en 1770 nait la première boisson à base d’absinthe, celles à base d’anis sont lentement éclipsées par la formidable aura de la ''Fée Verte'' qui sera furieusement à la mode tout au long du XIXè siècle, y compris chez l’élite intellectuelle parisienne.
Jusqu’à son interdiction en 1915, ce qui entraine la renaissance des anisettes.

Le péril vert ayant été terrassé, les premiers similaires d’absinthe ayant pour propriété de se troubler dans l’eau, apparaissent plus ou moins légalement. L’essence d’anis remplaçant l’essence d’absinthe avec plus de sucre (au minimum 300 grammes en 1920), est autorisée à 40° en 1922, contre 68° précédemment pour l’absinthe !
Et en 1926 la Maison Pernod lance, après de laborieux essais de laboratoire, le ''Pernod Anisé'' au goût d’absinthe mais sans amertume.

A 23 ans en 1932, Paul Ricard lance le vrai pastis de Marseille (avec de la réglisse) créant le mot qui n’existait que dans le patois provençal. Et pour lutter contre les pastis d’arrière-boutiques, il réussit à faire autoriser en 1938 par les Pouvoirs Publics une teneur en alcool portée à 45°.

Deux ans plus tard en 1940, le pastis et autres anisettes titrant plus de 16° sont interdits pour cause de défaite militaire et de réquisition d’alcool par l’occupant.

Il faut attendre 1951 pour revenir à la législation de 1938 avec le pastis à 45°. A cette époque le sud de la France comptabilise encore près de 300 marques commerciales différentes ! Pernod crée après l’occupation son ''51'' pour concurrencer Ricard…

Les autres marques les plus connues sont alors Bolero, Royal Marchini, Janot, Berger, Cristal, Casanis, Cusenier, Duval, Pec, Phénix et Picon.

Les Kummels, anis du nord, suivent une trajectoire identique. L’anis est remplacé par le cumin, ou graine de carvi. Les vikings de la Baltique, grands voyageurs, ont contribué à faire connaitre cette recette, reprise par quelques distilleries françaises.
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Dernière mise à jour :
2017-08-02


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Les Editions LAFITTE-HEBRARD: un WHO'S WHO des vins et spiritueux (dernière édition en 1995) Cette collection n'a pas été jugée digne d'y figurer...

Depuis mai 2011, l'ABSINTHE d'avant 1915 renait. La thuyone, principe actif de la plante est à nouveau autorisée jusqu'à 35 mg par litre. La pinocamphone et la fenchone qui donnent à la boisson son goût caractéristique, sont aussi et sans limites, autorisées. Il était temps, les suisses monopolisaient le marché!


Près de 2000 BISTROTS ferment chaque année! Il en resterait aujourd'hui moins de 30 000 contre 500 000 en 1900, et encore 200 000 dans les années 60!
Entre 2009 et 2015, le nombre de cafés-restaurants a baissé de 25%. Seule l'Ile de France conserve ses bistrots.
En 2016, il reste très exactement 34669 bistrots en France...


L'appellation absinthe est désormais protégée par la Suisse. Une IPG Indication Géographique Protégée, protège ainsi les eaux-de-Vie portant les noms d'absinthe, Fée Verte ou La Bleue distillées dans la région de Val-de-Travers (Neuchâtel) qui produit 80% des absinthes suisses.
Les absinthes exclues de l'IPG seront interdites à la vente et à l'exportation!


Les vins, ALCOOLS et SPIRITUEUX, les cidres et poirés et les bières artisanales sont désormais considérés comme patrimoine gastronomique français.
texte de loi 2014 - 1170 paru le 13 octobre 2014.
La collection unique que vous découvrez sur ce site peut ainsi être considérée comme un morceau de notre patrimoine! A protéger.

C'est le 16 mars 1915, tout juste 100 ans, que le parlement français, sous la houlette de Raymond Poincaré, a voté une loi ''relative à l'interdiction de la fabrication, de la vente en gros et au détail, ainsi que la circulation de l'absinthe et des liqueurs similaires''.
Cet alcool fort était alors considéré comme toxique, alors que toutes les classes de la société, délaissant peu à peu le vin et les autres alcools, avaient succombé à la ''Fée verte''.



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